J’ai grandi à Lima, au cœur d’un espace urbain à la fois chaotique et vibrant. Ville de contrastes économiques, sociaux et esthétiques. Lima m’a appris très tôt à observer, à comparer, à ressentir. C’est à travers les livres d’art de la bibliothèque familiale que j’ai commencé à affiner mon regard et à nourrir ma sensibilité esthétique.
L’architecture, je l’ai véritablement découverte au fil de mes études d’art, mais aussi lors de mes escapades avec mes amies. À l’époque, explorer librement la ville m’était interdit à cause du contexte politique du pays. Alors, lorsque j’ai enfin pu m’y aventurer, j’ai découvert la ville autrement : ses formes, ses volumes, ses rythmes, et surtout l’énergie singulière qui s’en dégageait.
D’abord fascinée par le bâti, j’ai rapidement compris que la ville n’était pas seulement un ensemble de structures, mais un refuge humain. Elle abritait des vies, des histoires, des émotions. J’aimais observer les intérieurs depuis l’extérieur, imaginer la sérénité cachée derrière une fenêtre éclairée.
Plus tard, en m’installant à l’étranger, mon regard s’est ouvert à d’autres paysages urbains, plus monumentaux, parfois iconiques. Mon œil s’est affûté, et la photographie est devenue une pratique essentielle. Elle m’a permis d’aller au-delà de la simple capture de l’instant : de composer, de créer des atmosphères, et de traduire avec rigueur et sensibilité l’énergie propre à chaque ville.

